Nous étions les Mulvaney-Carol Joyce Oates

Publié le 28 Mai 2011

 

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Je crois bien qu'en tant qu'écrivain, Joyce Carol Oates a ce talent de rendre complètement addict ses lecteurs, à mon avis avec Oates ça passe ou ça casse (je reconnais que c'est un peu trop tranché comme avis). Et pour moi cela s'est tres bien passé avec Oates. Elle a ce talent de l'écrivain, dont il est facile de reconnaître la plume.

 

Nous sommes au début des années 80, la famille Mulvaney est installée à proximité de Mont Ephraim, la périphérie lointaine de New York. Les Mulvaneys c'est un vrai bonheur familial. Une famille trop agréable pour être une vraie famille américaine : Michael est un artisan couvreur, reconnu, compétent et qui gagne bien sa vie. Aussi son admission au club house, acceptée par les autres membres notables de la ville est une véritable reconnaissance personnelle. Il est marié avec Corine, qui fait tourner leur ferme High Point Farm et une activité de brocanteuse, entendre par ferme une belle propriété familiale datant de 1840 avec des cheveaux et quelques animaux, située sur des collines éloignées de la civilisation et de toute beauté.

 

La famille a quatre enfants, l'ainé Michael junior le mulet, Patrick le scientifique surnomé Pinch, Marianne surnom Bouton l'unique fille aussi belle que généreuse, elle rayonne dans cette famille et enfin le petit dernier Judd, le môme, une vraie famille avec ses codes son language, chez Les Mulvaney chacun porte un surnom attribué pour des raisons précises. Une famille unie, dont on partage le quotidien...

 

Jusqu'au drame, celui qui va s'abattre sur Marianne, une agression va la marquer, dont elle se relevera sans pouvoir effacer le passé. Comme toute victime face à un agresseur de bonne famille, et de renomée elle a peu de chance de passer pour une victime; et de là nait le drame car de victime elle va passer pour fautive!

 

La famille va petit à petit s'enfoncer dans la douleur, et la famille si soudée va s'étioler chacuns des enfants va petit à petit quitter le berceau familal par dépit. La famille sera mis au ban, ils vont perdre leurs relations et leurs amis, leur vie sociale. Mais le pire est le rejet de Marianne par sa famille. Son père la rejette complètement, et sa mère se réfugie dans la religion comme si les prières concentraient à elle seules l'expression du désespoir de cette famille, dans laquelle chacun est étoufé par sa propre douleur sans penser à celle de Marianne.

 

Contrainte à s'éloigner, elle deménage chez une tante  pour pousuivre ses études à l'université et ensuite elle va porter sa croix seule. La famille va passer de la lumière à l'ombre, Michael le père va négliger ses affaires et devenir alcoolique, la mère si vaillante et gaie, va se réfugier dans la religion, les prières concentrent à elles seules l'expression du désespoir de cette famille. Un peu comme si les Mulvaney avaient oublie de construire ce rempart pour protéger leur famille, le bonheur familiale et la réussite sociale s'oppose, voire reste incompatible!

 

Chez Oates, tout est fouillé, les portraits sont travaillés et l'évolution de chacun est palpable. Rien n'est figé avec Oates, l'histoire peut basculer pour le meilleur ou pour le pire, ce qui fait la force du récit. Elle sonde chaque comportement et sait jusqu'ou aller sans que cela soit tout much ou larmoyant. Elle reste dans le réalisme, rend compte de l'injustice, elle ajoute un soupçon de réflexion, sans jamais rendre le récit trop lourd. 

Roman marquant et qui m'a fait aimé l'écriture d'Oates! Je ne sais pas si tout ces romans se valent, en attendant elle a écrit pres de 80 romans et tous ne sont pas publiés en français, voire même elle est publiée en France chez des éditeurs différents, et pas toujours en poche.

 

 

Rédigé par nathalia

Publié dans #Oates Joyce Carol

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Malika 31/05/2011 20:21



Tout comme toi j'ai adoré ce roman, c'est fort, profond et intense. Sa finesse psychologique et son empathie pour les femmes dont elle nous retrace le combat me touchent beaucoup.


C'est un de ses romans que je préfère.



nathalia 03/06/2011 19:05



C'est vrai qu'elle écrit bien et elle est tres habile! Je vais essayer de poursuivre ma découverte de cette auteure en espérant ne pas être trop déçue.



keisha 30/05/2011 13:45



Je l'ai trouvé long, lent, hyper détaillé, agaçant parfois... Bref, je suis la grognon de service! ^_^



nathalia 03/06/2011 19:04



Oui c'est vrai qu'Oates a le sens du détail, le roman fait bien 600 pages et bizarrement je l'ai lu assez vite et tranquille, ça m'a étonné je m'entendais à pire! J'ai prévu d'en lire un plus
court prochainement, mais celui ci m'a énormément plus!