L'embellie- Audur Ava Olafsdottir

Publié le 8 Décembre 2012

l'embellie

Je ne savais pas du tout, si un jour j'allais me laisser tenter par cette romancière islandaise. Audur Ava Olafsdottir a fait pas mal parler d'elle grâce à Rosa Candida. Je note toujours les auteurs islandais, car j'ai eu la chance d'y séjourner, rares sont les traductions et comment dire là bas tout le monde est un peu romancier, car l'Islande est la terre des contes et des histoires en tout genre, il sufffit de plonger dans les sagas pour découvrir la tradition millénaire de l'art de conter une histoire.

 

Et L'embellie n'échappe pas à cette tradition. ce roman est le tout premier écrit par l'auteure. Et je l'ai particulièrement apprécié pour avoir retrouver cette terre et la vie insulaire de cette narratrice, sur une île qu'elle décrit avec une langueur douce et tranquille. Comme dans toute histoire contée, elle part d'une certaine réalité, qu'elle s'amuse à déformer avec beaucoup de fantaisie, un conte moderne.

 

Là ou elle décrit la vie d'une trentenaire qui se cherche encore, elle n'est pas heureuse en ménage, entre son mari et son amant, et sa vie professionnelle ne semble pas être un point d'ancrage fort  hop là voila prise dans les revers de la vie en plein mois de Novembre, ses deux hommes décidant de la planter sans préavis.

 

Or, cette charmante narratrice, dont nous ignorons totalement le prénom et la fille de qui elle est, me surprend par son sens de la légereté et sa fantaisie, elle semble dégager une certaine platitude dans ses rapports affectifs, car elle cache ce torrent d'émotion, qu'elle ne sait exprimer. Aussi préfère-t-elle organiser un repas d'adieux en tête à tête avec son ex-mari pour célébrer son divorce, plutôt que de s'enfoncer dans une lutte conflictuelle pour savoir qui va garder l'appartement ou le canapé, et je vous cache un peu le menu du repas, car là aussi il tient de l'originalité et le roman n'en manque pas.

 

Car l'essentiel est ailleurs, et cela elle le sent bien, tout ne colle pas toujours dans la vie, faut-il pour cela larmoyer sur son sort? Et bien non, là est sa philosophie,en plein mois de Novembre sur cette île ou le jour ne dure que quelques heures, elle décide de prendre la route, l'unique route circulaire qui fait le tour d'Islande pour gagner un endroit isolé ou elle à fait installer un chalet en bois gagné à la loterie ...

 

 

 Ah l'histoire est décousue certes, mais elle s'affranchit notre narratrice du superflu, elle s'affranchit du quotidien qui ternit la vie pour n'en garder que l'essentiel, ce qui fait plaisir, les bonnes choses comme les bon petits plats cuisinés, qui pullulent dans cette histoire. Elle échappe à une certaine réalité mais pas aux éléments naturels, la pluie, le vent, le froid  les conditions climatiques qui la rattrappent sans cesse car cette île si magnifique soit-elle devient un cauchemard de contraintes dès que les éléments se déchaînent et là, c'est magnifiquement raconté dans ce roman. Mais n'est ce pas pareil dans la vraie vie?

 

Pour embellir cette échappée, elle embarque un petit complice, Tumi, le fils de sa meilleure amie, Tumi est différent et elle va contribuer à agrémenter sa vie. Bien sur, en chemin, les hommes, amoureux, amants sont au rendez vous, rencontres fortuites, improbables, impossible vous l'aurez compris sa vie affective n'est pas simple. Mais qu'importe, l'amour chez Audur Ava Olafdottir c'est un peu comme les recettes de cuisine, qui figurent à la fin du livre, il faut les bons ingrédients et le tour du main reste le secret de la réussite.

 

Autant le dire, je suis tombée sous le charme de cette auteure, dont j'ai aimé l'écriture imagée, me rappellant des lectures précédentes comme celle de Siri Husvedt Un été sans les hommes, ou plus récemment La Havanne Année Zéro de Karla Suarez, que je n'ai pas pris  le temps d'évoquer.

 

J'aime leur approche, très féminine, et non féministe, leur manière d'évoquer la relation homme- femme tout en lui laissant sa part de mystère et d'équivoque. Chacune portant un regard lucide et sachant le raconter avec légereté.

 

Ce roman m'a rappelé cette route que j'ai emprunté à plusieurs reprises, pour gagner des endroits reclus de l'île et c'est toute une expédition que de la prendre cette route, vu qu'il n'y a pas de route sur l'île pour traverser les champs de lave et qu'elle peur disparaitre sous les eaux  du jour au lendemain, nul doute qu'elle aurait plu à cher Kerouac.

 

 

Chez Audur Ava Olafdottir, le mélange entre réalité et conte est des plus inattendu, en tout cas j'aime la voix de cette raconteuse d'histoires, et nul doute qu'elle a des talents pour raconter l'Islande car elle sait détailler les saveurs de son île, essayez le saumon ou tout autre poisson fumé au petit déjeuner le matin c'est excellent!

 

Un endroit magnifique Landsmannalauga au Sud de l'Islande, cratères et champs de lave!

Photo1004 

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dasola 14/02/2013 18:51


Bonsoir, cette emballie m'a laissée quelque peu sur ma faim (malgré les recettes à à la fin du roman). J'avais préféré Rosa Candida. En revanche, à force de lire des polar islandais, cela me
donne très envie d'aller découvrir cette grande île. Bonne soirée.

nathalia 16/02/2013 10:47



Certains passages de L'Embellie décrivent admirablement l'Islande, notamment lorsqu'elle décide de partir vers l'Est sur la route circulaire, j'ai moi même emprunté cette route et ce qu'elle
décrit est exact. Parfois, des crues empêchent d'avancer et tu te retrouves au milieu de nulle part, au milieu des champs de lave. Jen'ai pas encore lu Rosa Candida, donc je verrais bien, peut
être que je trouverai que c'est un redite de l'Embellie.



Malika 11/12/2012 20:39


Il aurait été intéressant de faire une LC de ce livre tant notre avis est différent !!! Le charme de l'auteur n'a hélas pas agit aussi bien sur moi !!!

nathalia 17/12/2012 10:08



Oui, je me souviens de ton avis, tu n'es pas du tout à coté, je crois que par certains aspects ce roman peut ne pas plaire du tout, et tomber des mains et Audur Ava O est très fantaisiste et
ca peut ne pas passer!



Aifelle 09/12/2012 06:37


J'avais aimé l'univers de Rosa Candida et celui-ci m'attend tranquillement sur ma PAL. Et l'auteure, rencontrée deux fois, est vraiment très sympathique.

nathalia 10/12/2012 18:17



Ah, je t'envie de l'avoir rencontré à deux reprises, j'aurais des tas de questions à lui poser concernant les lieux, qu'elle décrit magnifiquement mais qu'elle ne cite pas, dans L'ebellie. je
lirais prochainement Rosa candida, qui dit-on est bien meilleure.



dasola 08/12/2012 22:14


Bonsoir Nathalie, personnellement, ce roman d'Olafsdottir (je pense que c'était son premier) m'a nettement moins plu et touchée que Rosa Candida. Pas indispensable à lire. Bonne soirée.

nathalia 10/12/2012 18:07



C'est vrai que ce n'est pas un chef d'oeuvre, l'ambiance est agréable, l'histoire décousue et cela n'en fait pas un indispensable à ce niveau, cependant il y a dans ce petit roman un concentré de
la vie insulaire en Islande, bien raconté, bien décalé, avec une note d'altruisme et ça j'ai beaucoup aimé!



Syl. 08/12/2012 14:26


Bonjour, je ne sais pas si je le lirai mais Rosa Candida est sur ma LAL.
Beau billet !

nathalia 10/12/2012 18:00



Oui, j'ai aussi Rosa Candida à lire, je compte l'emprunter un de ces 4, j'attends avant de m'y mettre.