Les égouts de Los Angeles-Michael Connelly

Publié le 3 Mai 2015

Les égouts de Los Angeles-Michael Connelly

Après avoir arraché le papier et l'emballage à bulles, il découvrit une reproduction encadrée des Oiseaux de Nuit d'Edward Hooper. Le tableau qu'il avait vu au-dessus de son canapé, le soir ou il était allé chez elle pour la première fois.

Bosch accrocha le tableau dans son couloir, près de la porte d'entrée. Et parfois, en rentrant, il s'arrêtait pour l'étudier, surtout après une journée ou une nuit de travail harassante. L'œuvre ne manquait jamais de le fasciner, ni de lui évoquer le souvenir d'Eleanor. Il y avait l'obscurité, la terrible solitude, l'homme assis seul, le visage tourné vers l'ombre. Cet homme, c'est moi, se disait-il.

Grâce à de 1er week end de pont de Mai, si pluvieux, j'ai pu lire Les égouts de Los Angeles (the black echo), le premier livre écrit par Michael Connelly en 1992. En Mars dernier, j'ai eu la chance d'assister lors du Quai du polar à Lyon, à une rencontre entre John Grisham et Michael Connelly, fort plaisante, drôle à écouter ici.

Durant cette heure, je me suis demandée pourquoi je n'avais jamais ouvert l'un des romans de Connelly, autre que La défense Lincoln. C'est chose faite maintenant.

Hieronymus « Harry » Bosch est inspecteur de police et vétéran du Vietnam. Flic au tempérament bien trempé, il s'est fait écarte de la division des homicides, suite à une affaire The Dollmaker, qui a mal tourné pour lui.

Appelé sur les lieux d’une mort suspecte dans le barrage de Mullholand, suite à l'appel d'un témoin, il découvre dans une canalisation, le cadavre d’un homme qu’il reconnait comme l'un de ses frères d'armes lors de la guerre du Vietnam Meadows, La mort de cet homme semble être l'overdose, d'après les premiers constats de ses collègues, mais ce n'est pas l'avis d'Harry Bosch, qui trouve suspecte la mort de Meadows.

Meadows a de plus un passé chargé : prison, drogues, et a très mal vécu son retour du Vietnam- De plus Harry et Meadows ont vécu le Vietnam comme une guerre souterraines ils étaient tous les deux des "rats de tunnel", c'est-à-dire une division qui détruisait à coups d'explosifs les tunnels Vietnamiens, expérience traumatisante car la mort attendait bien souvent les volontaires pour ce genre de missions, alors quelle ironie du sort pour le pauvre Meadows de terminer sa vie au fond d'un tunnel!

Harry Bosch va débusquer plusieurs indices et attiser la curiosité du FBI, sur cette enquête il va collaborer avec la brillante Eleanor Wish, qui elle aussi avait mis sous surveillance Meadows, à la suite d'un braquage de banque, très réussi.

Ce premier opus d’Harry Bosch nous amène à découvrir ce qui fait le sel des romans de Michael Connelly : Harry Bosch lui-même flic intègre, travaillant en marge, sous estimant l'institution qu'il représente, sa vision pessimiste assez tangible à travers les peintres Jérôme Bosch et Edward Hooper, sa manière plutôt interventionniste d'exercer son métier, font de lui la cible des Affaires Internes, et d'une surveillance accrue durant toute l'intrigue.

Connelly maitrise l'intrigue de A à Z, sa manière déductive d'écrire m'est apparu très rapidement. Vers la page 400, le dénouement se dévoile et je me suis demandée comment il allait encore nous tenir jusque la page 570, pas de doutes l'intrigue rebondit et on accède à un dénouement qu'on ne pouvait attendre.

L'autre personnage omniprésent est la ville de Los Angles, dès le départ me sont revenues les images du film Drive, de Nicolas Refn Winding, tant les descriptions concordent, j'ai trouvé qu'il y avait de bonnes descriptions des lieux et de l'ambiance de la ville, son étendue, l'ambiance.

Globalement, le personnage d'Harry Bosch est vraiment inattendu, son passé de vétéran du Vietnam fait que l'on est fortement connecté à son expérience de survivant, on peut à la fois passer à des descriptions plutôt sombres et brutales, je pense à la vie du jeune Sharkey et de sa mère (renvoyant au tableau de Jérôme Bosch), à des scènes plutôt haletantes, et rythmées je pense bien sur au braquage de la banque-

Hâte de poursuivre!

Rédigé par Nathalie

Publié dans #Un monde de polars, #Michael Connely, #Los Angeles

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Commenter cet article

Hélène 06/05/2015 12:56

Un incontournable que je n'ai pas encore lu ! Il parait que c'est un de ses meilleurs.

Nathalie 09/05/2015 22:22

Je ne sais pas si c'est son meilleur, je débute, c'est son premier et oui, j'ai trouvé excellent la manière dont il nous tient jusqu'au bout. ll parait que son meilleur est Le Poète, dixit ses lecteurs- Merci Hélène de ta visite-

keisha 04/05/2015 08:54

Aaaah mon premier Connelly! Depuis j'ai tout lu (ou presque) je viens de lire son avant dernier et ai commencé un autre, maintenant il ne me restera que son dernier paru!! Tellement agréable de voir évoluer Bosch and Co.

Nathalie 04/05/2015 21:10

Bon, j'ai du retard sur Bosch, je poursuis surtout qu'il vaut mieux les lire dans l'ordre !