Orphelins de Dieu-Marc Biancarelli

Publié le 24 Janvier 2015

Orphelins de Dieu-Marc Biancarelli

L'infernu n'écoutait la pimbeche que d'une oreille. Il grignotait du pain, des miettes de ce fromage sec qui servait de prétexte pour se servir un peu de vin qu'il avait apporté. Pour dire la vérité, les histoires de la vie et de la mort ne lui faisaient pas grand chose. Un jour tu es là, le lendemain tu n'y es plus. A peine le temps d'un claquement de doigts, en général. Quoi rajouter à cela? Après tout vivre ou mourir ça n'était peut être qu'une histoire de chance et rien de plus.

Citation choisie pour illustrer la couverture de ce roman

C'est l'histoire d'une vengeance, (au départ l'idée est présentée comme cela, à mon avis pas uniquement, il y a une forme de quête de soi pour les deux personnages). Une jeune femme Vénérande réclame justice pour son frère, violenté par un trio de tueurs en puisance .

Elle s'adresse à L'Infernu, un insoumis, Ange Colomba. Si au départ, ce duo semble vraiment sorti de l'imaginaire de l'auteur, L'infernu et Vénérande sont de nature et caractère opposé.

Au fil de l'intrigue l'histoire de l'Infernu permet de se rendre compte, que l'on ne nait pas avec une arme à la main, (rien que le système de la circonscription est une injustice et Ange ne peut y échapper pas), que la violence est une réponse à la violence, qu'une forme de rédemption existe pour celui qui veut se racheter à sa manière. Un plaidoyer contre la guerre, et pour la fratrie qui nait entre frères d'armes, ce que Vénérande va devenir quelque part, les deux ressortent vainqueurs sont être des héros, leur anonymat au final est salvateur.

Si au fil des pages, je n'étais pas toujours réceptive à ce texte ou la violence explose presque à chaque page, (damned de la scène dans le parterre à cochon) sans être gratuite, j'ai poursuivi cette lecture avec un certaine curiosité pour ces deux personnages, Vénérande écoutant l'Infernu, et l'Infernu comme investit de rétablir un équilibre dans la vie de Vénérande. L'auteur nous livre également des passages délicieux à lire, décrivant une nature rebelle, à l'image de ses personnages.

Bref, si on devine bien ou l'on est, l'époque, tout est feutré. Enfin, la référence à Charles Portis et son True Grit (roman et adaptation des frères Coen) reste aussi un fil rouge qui permet de maintenir le cap de lecture, parfois ma lecture était un peu chaotique, comme l'itinéraire des deux personnages, mais au final ça m'a donné sacrément envie de lire d'autre récits de cette trempe. Bref j'ai bien adhéré à ce roman rythmé.

Rédigé par Nathalie

Publié dans #Littérature Française, #Rentrée littéraire 2014

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electricite paris 13 31/01/2015 18:35

J'apprécie votre blog , je me permet donc de poser un lien vers le mien .. n'hésitez pas à le visiter.
Cordialement

keisha 26/01/2015 15:12

Ouiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii ! Il te reste à lire Murtoriu (encore meilleur à mon avis!)

Nathalia 28/01/2015 22:37

C'est noté pour Murturio, il sort en poche, oui c'était un bon moment cette lecture!