Lola Bensky-Lily Brett

Publié le 20 Janvier 2015

Lola Bensky-Lily Brett

-Tu broies du noir à propos de quoi ?

- La sensation de vie et de solitude, la peur de ne pas être à la hauteur , a résumé Janis. -Pas à la hauteur pour quoi ?

-Pas à la hauteur du tout.

Une nouvelle vague de tristesse a envahi Lola. Elle connaissait en partie l'état que Janis Joplin venait de décrire, la solitude dont elle parlait. Mais elle n'aurait pas réellement conscience de sa solitude avant une dizaine d'années. Elle savait qu'elle était grosse. Et elle savait qu'elle avait toujours faim.

Lola Bensky est critique de presse musicale pour Rock Out, magazine australien (surement une sorte de Rock & Folk "australien"). En 1967, à Londres et à New York elle a l'occasion de rencontrer les groupes et musiciens juste avant leur succès planétaire, au programme Mick Jagger, Paul McCartney et sa première épouse Linda, Jimi Hendrix, Morrison, Mama Cass, Cher (à qui elle ressemble physiquement), et enfin la plupart des artistes du concert de Monterey de 1969, (le fameux festival durant lequel Jimi met le feu à sa guitare et qui est assez bien raconté, je n'y étais pas trop jeune mais déjà vu des extraits de ce concert et écouté en boucle le live d'Hendrix).

Si les rencontres se succèdent sans artifices, on sent bien le fossé qui séparent les opérations de promotion médias d'aujourd'hui de celles d'hier, Lily raconte avec brio ses entretiens, qui prennent des formes et des échanges inattendus. Car Lola Bensky, qui avoue ne pas avoir plus que cela l'oreille musicale, sait qu'elle a affaire à des passionnés, des musicos, qui ne se révèlent que lorsqu'ils jouent ou chantent sur scène. Aussi joue -t-elle la carte de l'authenticité pour faire parler ses jeunes chanteurs, pas encore mondialement connus mais dont elle pressent l'ascension. C'est très vivant et sensible, loin de frôler le "people" que l'on nous vend aujourd'hui. Car loin de nous livrer un recueil d'interviews bien ficelées, Lola se révèle au fil des pages, née dans un camp en 1945, ses parents sont des rescapés des camps de la mort. Lola Bensky raconte sa famille, comment vivre avec un tel baguage, d'être la fille de deux rescapés. Tout est dans le ton et fort bien incarné. Si le récit est inspiré de la vie de l'auteure, elle reste très discrète, pertinente et un brin Bridget Jones a toujours nous parler de ses kilos (mais attention Lola n'a rien à voir avec Bridget).

Je vous renvoie au c'est fort bon de Cuneipage et à Hymne de Lydie Salvayre

Rédigé par Nathalie

Publié dans #Littérature Américaine, #Musique

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Paulina Nourissier 03/04/2015 22:56

Bonjour Nathalie,
En tant qu'éditrice du roman "Lola Bensky", j'ai été très heureuse de votre chronique sur votre blog !
Merci infiniment…j'aimerais bien avoir votre email pour vous tenir au courant de nos parutions…
Me le communiqueriez-vous, par hasard ?
Mon mail est paulina.nourissier@editionsdelagrandeourse.com
A bientôt,
Paulina

keisha 22/01/2015 11:13

Repéré, et pas encore à la bibli, mais je l'avais déjà noté. Tu confirmes!

clara 21/01/2015 08:23

Il est à la biblio mais j'hésite à l'emprunter carj'avais feuilleté les premières pages sans accrocher