En crachant du haut des buildings-Dan Fante

Publié le 29 Décembre 2014

En crachant du haut des buildings-Dan Fante

J'aime bien changer de boulot. Je n'ai pas de gros besoins. Je ne souhaite pas spécialement détenir des actions ni participer à la redistribution des profits, je n'aime pas me sentir coincé dans un moule, ni devoir baiser quelqu'un pour monter les échelons dans une boîte. Quand on ne fait que des boulots d'interim, on arrive presque toujours à éviter toutes ces histoires auxquelles on a systématiquement droit avec un boulot régulier-compétition, favoritisme, politique et le reste, comme ce qui m'était rapidement tombé dessus quand je bossais au cinéma. Il suffi d'un coup de fil et d'une demande de réaffectation pour se sortir d'une situation merdique.

Bruno Dante débarque à New York, et traine avec lui de sacrés casseroles. A peine débarquer, il écluse les agences de placement en vue de se dégotter un travail, et payer le loyer d'une chambre. T

rès vitre Bruno se perd dans les méandres de la dépression et l'alcoolisme, usant de persuasion pour obtenir les boulots les plus ingrats : employés en tout genre bureau, cinéma, veilleur de nuit, il se retrouve très vite dépassé lorsqu'il faut garder le dit job, car Bruno fait preuve d'une certaine incapacité à se fondre dans le moule, à entretenir de solides et sereines relations avec collègues et employeurs.

Entre deux boulots, il est terrassé par une dépression sévère, il s'aménage des temps de lecture (Selby Hubert son favori noté pour de futures lectures) et d'écriture, et peine à soigner ses voix intérieures comme il les appelle. Tout est dans le ton plutôt drôle et l'art de raconter ces situations quotidiennes.

Dan Fante réussit sans ambages deux passages, celui ou il décrit avec virtuosité le boulot de laveurs de carreaux en hauteur, le seul passage ou Bruno prend sur lui, passage impressionnant du boulot ingrat mal payé, et qui peut couter la vie à celui qui l'exerce.

Ensuite, il décrit avec un humour pas déplaisant du tout, cette maladie qu'est la dépression, on comprend pas mal de petites choses, l'impuissance de Bruno, la décrépitude de l'esprit, se remettre en cause tout en essayant de se remettre en selle et d'avancer, cette capacité de Dan Fante à décrire sans forcément se regarder le nombril, le vécu qui se sent sans forcément qu'on le plaigne, il ne fait pas l'apologie du looser loin de là. Ce texte court réserve pas mal d'authenticité et j'ai particulièrement apprécié dans l'édition 13eme note Les trois recommandations pour écrire un roman de l'auteur. Je vais lire d'autres titres, très plaisant.

Rédigé par Nathalie

Publié dans #Littérature Américaine, #Dépression

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