Le complexe d'Eden Bellwether-Benjamin Wood

Publié le 19 Novembre 2014

Le complexe d'Eden Bellwether-Benjamin Wood

Néanmoins, elle semblait n'avoir aucune conscience des soucis d'argent récurrents des gens normaux, ce stress permanent pour trouver de quoi réparer une chaudière en panne, acheter un nouveau pull-over pour l'école, payer les frais d'orthodontiste. S'il lui avait demandé quel était le prix de l'essence, elle ne l'aurait probablement pas su, mais elle était capable de disserter sur le raffinage du pétrole et l'importance des énergies renouvelables. Il y avait des moments ou il ne pouvait s'empêchait de lui en vouloir, pour ce qu'elle possédait, les dix neuf années passées dans les meilleurs écoles, les vacances au ski, les bons restaurants; parce qu'on lui disait tous les jours qu'elle pouvait avoir tout ce qui lui faisait plaisir. Reprocher à Iris sa vie idéale n'était rien d'autre que de la jalousie.

Oscar Lowe, jeune aide-soignant, fait la connaissance d'Iris Bellwether, il tombe sous le charme de la jeune fille, étudiante en médecine dans l'un des prestigieux collèges de Cambridge. Cependant, le frère de la belle Iris, Eden Bellwether , à la personnalité narcissique, est loin de lui inspirer le même sentiment. Oscar, se trouve ainsi intégrer au sein de la bande d'amis des Bellwether. De classe sociale différente, il a fait le choix de travailler au lieu d'étudier à la différence de ces nouveaux amis.

C'est à travers le regard d'Oscar, que l'on découvre la personnalité ambiguë d'Eden, persuadé de pouvoir guérir par l'hypnose, adepte de thérapie alternative, notamment l'écoute de la musique baroque. Eden exerce une fascination auprès de ceux qui "cherchent à être sauver". Oscar, ce jeune aide soignant va jouer un rôle déterminant, entre Eden et son pseudo pouvoir guérisseur, et ceux qui cherchent à être sauvés.

A travers une narration maitrisée, les pages défilent sans problèmes, Benjamin Wood sait captiver, et l'ombre de Dickens plane à travers cette ambiance de presbytère, chapelle ou se déroulent les séances d'hypnose, (les références à l'hypnose et au mesmérisme rappellent également l'auteur, sans compter cette allusion à l'ami commun, et le jeune Oscar captivé par ses amis d'un autre milieu).

Les personnages sont également bien incarnés, et une belle part du roman met en valeur la passion de la lecture, à travers le professeur d'université Paulsen et l'écriture, à travers le personnage d'Herb Crest.

J'ai cependant regretté, un côté trop sensationnel au roman, la scène d'ouverture en dévoile le dénouement et l'on comprend assez vite que le personnage d'Eden ne peut pleinement s'épanouir dans ce rôle de génie, à la fois doué et gagné par la folie.

Roman lu dans le cadre des matchs de la rentrée littéraire 2014, plutôt contente d'avoir choisi ce roman, merci à Price Minister pour l'envoi de ce roman.

Rédigé par Nathalie

Publié dans #Rentrée littéraire 2014, #partenariat littéraire

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keisha 20/11/2014 09:54

Un roman que je veux découvrir (patience!) malgré quelques bémols par ci par là, tu n'es pas la seule à en avoir.

Nathalia 23/11/2014 22:40

Oui, pas mal de bémols, il écrit bien, vraiment lecture addictive, ça défile, il m'a manqué quelques chose, c'est son premier roman, tu attends les nouveautés de la biblio, je suppose.