Charlotte-David Foenkinos

Publié le 27 Août 2014

Charlotte-David Foenkinos

Mes errances m'avaient conduit au bon endroit.

Je le sus dès l'instant ou je découvris Vie? ou Théâtre?

Tout ce que j'aimais.

Tout ce qui me troublait.

Warburg et la peinture.

Les écrivains allemands.

La musique et la fantaisie.

Le désespoir et la folie.

Tout était là.

Dans un éclat de couleurs vives.

Lors d'une exposition à Berlin, David Foenkinos tombe sous le charme des peintures de Charlotte Salomon, peintre juive allemande, déportée en 1943 à Auschwitz. De cette rencontre va naître une connivence avec le travail de l'artiste, David Foenkinos semble habité par ce qu'il découvre à la fois de l'œuvre picturale et de la vie de Charlotte Salomon, ce qu'il décrit avec une simplicité et authenticité dans ce récit.

Charlotte Salomon grandit dans une famille juive allemande ou la culture est favorisée, son père est médecin chercheur, et sa belle mère Paula est une chanteuse d'opéra renommée, et leur appartement familiale accueille fréquemment artistes et intellectuels. Très vite, Charlotte fait le choix de peindre et d'intégrer l'école des beaux arts de Berlin, mais entre temps la politique anti-juive s'intensifie, elle fera partie des 1% de juifs "tolérés" à intégrer l'école, tout en restant discrète.

Exilée à Villefranche-sur-Mer en 1939, Charlotte Salomon découvre la lumière du Sud de la France et se mettra à dessiner avec une frénésie, témoignant d'une urgence à peindre ce qui fut sa vie "Je dois aller encore plus profondément dans la solitude"

Si la première partie du récit s'attarde à nous décrire la vie de Charlotte depuis l'enfance, la tâche est plutôt difficile de part le contexte historique (la politique anti juive dès 1933) et les tragédies familiales plutôt extrêmes et nombreuses, qui fragilisent la jeune Charlotte, et s'accumuleront en cascade au fil des pages, évènements plutôt délicats à romancer.

J'ai préféré les passages relatant le parcours artistique de Charlotte Salomon, " L'apnée créatrice de Charlotte est extatique. Comme un rapport de dévotion au passé", Charlotte compose ses toiles, à partir de dessins, elle y ajoute du textes, et références musicales, elle délivre ses instants de sa vie, puis classe, numérote les dessins et les confie à une personne de confiance le docteur Moridis son œuvre : Vie? Ou Théatre ? , avant de disparaitre. Connaitre sa vie permet de comprendre son besoin de peindre.

Ce roman a le mérite de mettre en lumière, cette jeune peintre allemande, décédée à l'âge de 26 ans. Il est certes différent des autres romans de l'auteur de part sa teneur dramatique. L'émotion de l'auteur à évoquer sa passion pour l'artiste est très vive, communicative et reste sincère, et admirative. Il donne envie de découvrir l'artiste qu'est Charlotte Salomon, de chercher ses toiles sur le net par curiosité, car le roman ne permet pas d'imaginer au delà de l'écriture ses dessins.

Sans compter, que l'on échappe pas à la présence de l'auteur et à ses anecdotes, moins nombreuses, dans lesquelles il relate ses différents voyages sur les lieux ou a résidé Charlotte dans le Sud de la France.

Mes débuts de lecture pour cette rentrée littéraire, bonnes lectures à tous!

Rédigé par Nathalie

Publié dans #Littérature Française, #Rentrée littéraire 2014

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