Lady Hunt - Hélène Frappat

Publié le 9 Mars 2014

Lady Hunt - Hélène Frappat

~~Un rêve récurrent. Le rêve d’une maison chaque nuit, est ce vraiment inquiétant lorsque l'on est agent immobilier, dans les quartiers chics parisiens ???

Laura Kern s'inquiète, jusqu'au moment où le petit Charlie disparait lors d'une visite d'un appartement, ou lorsque le reflet de Laura n'apparait plus dans le miroir, là cela devient incompréhensible.

Laura s'interroge. Elle a peur d’avoir contracté la maladie héréditaire de son père, la Chorée de Huntington, maladie orpheline dégénérative, qui conduit à la folie. A travers ces évènements, les signes cliniques de la maladie "Lady Hunt" se manifestent-ils ou sont ils le reflet des angoisses de la jeune femme, face à la maladie ?

Je me suis décidée à lire ce roman, bien que refroidie par les avis lus sur les blogs. Au final, cette lecture m'a plu, sans déception, empreinte d'un mystère puisé dans la littérature anglo-saxonne, les peintres pré raphaelites, la campagne d'Ecosse et plage de Normandie.

Au fil de l'intrigue, le personnage de Laura s'est dévoilé par touches, pour déboucher sur ce portrait de sorcière des temps modernes, femme presque fatale, à la chevelure rousse, aux salomés rouges, au caractère plutôt sensible, qui se protège des autres par son comportement solitaire et distancié, ou grâce à "son chat", seul compagnon de Laura tangible dans le récit. Une façon de s'échapper de la société.

Dès le départ on la sent prise dans ce tourment, dans cette spirale de doutes qui l'habitent par rapport à la maladie d'Huntigton, qui lui font perdre la notion des réalités, les rêves récurrents, les phénomènes "surnaturels" comme autant de signes de l'angoisse qui la gagne face à cette maladie.

Ces passages un peu "étranges", m'ont grandement rappelé le Horla de Maupassant, le coté fantastique est loin d'être "fort", laissant juste le sentiment que la narratrice est sur la corde raide", elle évite la réalité de son état en toute conscience dans une ambiance à la Hitchcok.

L'auteure truffe son récit de références littéraires british, tout en laissant une très grande liberté au lecteur pour les interpréter : elle utilise le poème de la Dame de Schaalott et la chanson de Van Morisson Astral weeks .

Son écriture est originale, poétique et mérite la lecture juste par curiosité, j'ai bien aimé l'atmosphère qui s'en dégage, et pour moi Laura n'a peut être pas l'étoffe d'une "héroïne" de roman gothique, cependant tels ces femmes emmurées "dans de vieux manoirs ou bâtisses " avec leurs tourments amoureux regardant l'horizon au loin comme une ouverture sur un autre monde, Laura m'est apparue elle aussi comme prisonnière de ses angoisses de femme moderne, liens familiaux distendus, stress du monde du travail, relation plus portée sur la sexualité que sur le sentiment amoureux. Obligée de composer avec son histoire familiale, Laura va se livrer à cette exercice difficile de regarder la vérité pour sortir de cet état brumeux.

L'écriture elliptique d' Helène Frappat m'a incité à farfouiller sur wiki sur pas mal de thèmes pour sortir de l'ambiance brumeuse que traine Laura Kern : les sorcières de Salem, la maladie de Huntington et la transmission des maladies neurologiques par les gènes.

J'ai pas mal apprécié l'ambiance vieille maison décrépie qui ont une âme. A lire avec une pointe de curiosité sans attendre de grandes révélations.

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Eve-Yeshe 23/03/2014 13:53

belle critique. j'avais prévu de le lire mais certaines critiques m'ont plutôt refroidie. je le garde dans ma PAL pour l'instant donc.

Nathalia 30/03/2014 03:05

Oui, les avis étaient plutôt mitigés concernant ce roman, pourtant aucune surprise en ce qui me concerne, l'écriture d'Hélène Frappat est vraiment agréable, ensuite il ne faut pas s'attendre à lire Jane Eyre. Merci de ta visite Eve