Je ne retrouve personne-Arnaud Cathrine

Publié le 16 Mars 2014

Je ne retrouve personne-Arnaud Cathrine

L'écriture d'Arnaud Cathrine m'a totalement séduite dans ce roman, plutôt intimiste pour évoquer un moment de la vie de l'écrivain Aurélien Delamare. Ecrivain en proie avec son passé, ses fantômes d'adolescents, ses errances d'adulte et son avenir.

Pour cela, Aurélien Delamare nous convie sur la Côte Normande, ses plages, Deauville n'est pas loin, dans la maison familiale, que ses parents ont décidé de mettre en vente depuis qu'ils ont emménagé à Nice.

Aurélien, quitte Paris, ses activités de promotion littéraire, pour revenir dans cet endroit où il a grandi, et a quitté dès l'obtention de son sésame 'le bac' pour étudier à Paris.

Les fantômes du passé ressurgissent sans compter que l'enfant du pays est devenu écrivain. C'est bien l'autre facette que l'on découvre avec Aurélien, celle du solitaire, sans repères affectifs depuis qu'il a avancé, ses doutes, son souci d'être reconnu par sa famille proche en tant qu'écrivain, ses errances, ses douleurs physiques bien souvent traduisant celles morales, que seul le goût de l'alcool (et la cave du paternel est bien garnie) semble apaiser en apparence , en meublant les nuits sans sommeil.

Sans compter une famille qui s'est disloquée, des liens tendus avec son frère ainé, au final d'un voyage aller/retour rapide à Vierville, Aurélien s'installe sur le lieu de son enfance, comme pour y respirer, puiser ce qui lui fait défaut dans son présent, il se retrouve dans les souvenirs, les liens qu'il renoue avec les gens du cru qu'il a perdu de vue, son ex compagne Junon et la petite fille de cette dernière, qui permet un retour à l'innocence de l'enfance perdue ???

Arnaud Cathrine, se livre "surement" au travers de ce récit, le "je" d'Aurélien Delmare traduit vraiment les préoccupations de l'écrivain , l'écriture comment on puise dans la vie des proches pour écrire, le besoin de questionner l'existence et le tiraillement qui en découle, le rapport avec le lecteur, l'écriture du livre "inutile", rentrer dans une librairie relève presque de l'instinct de survie chez Aurélien, pour y trouver des ouvrages dans lesquels s'abreuver, Duras apparait avec "Ecrire" et la "Vie matérielle", Faulkner, et d'autres que je n'ai pas forcément retenu.

Je l'ai lu d'une traite tant l'auteur propose un récit sobre, empreint d'une douce mélancolie et ne tombe pas dans le récit nombriliste, fréquent chez d'autres auteurs, et que je trouve bien souvent ennuyant.

La nostalgie du passé, l'évocation des souvenirs ont leurs bons côtés à condition qu'ils n'entravent pas notre devenir. Au final il est toujours bon de convoquer ses vieux fantômes, pour éviter qu'ils nous hantent, dans ce sens le final m'a beaucoup plu.

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clara 17/03/2014 08:11

je n'ai jamais lu cet auteur..

Nathalie 23/03/2014 19:43

A lire quand tu seras au meilleur de ta forme, Clara. Ta visite me fait plaisir :)