Le mystère d'Edwin Drood-Charles Dickens

Publié le 21 Février 2014

Le mystère d'Edwin Drood-Charles Dickens

L'intrigue débute dans une fumerie d'Opium au cœur de Bloomsbury, tenue par son Son Altesse Sérénisime la Princesse Bouffarde, où échoue John Jasper, chef des chœurs de la cathédrale de Cloisterham.

Dans la vieille cité épiscopale de Cloisterham, Edwin Drood et Rosa Bud, deux jeunes gens orphelins, attendent de se fiancer suite à un engagement pris par leurs parents respectifs.

Les visites d'Edwin à Rosa à l'orphelinat tenu par Miss Twinkleton sont entourées d'un cérémonial, mettant en évidence que le fondement de leur relation est loin d'être amoureux.

John Jasper, oncle d'Edwin Drood, proche de son neveu Edwin, et porte une affection particulière à sa jeune fiancé. Cette dernière supporte très mal la présence de Jasper, et Edwin ne se doute de rien des intentions viles de son oncle.

Neville et Helena Landless, deux autres orphelins frère et sœur, s'installenr à Cloisterham, Héléna dans l'orphelinat de Miss Twinkleton et Neville est confié au chanoine de la cathédrale, M. Crisparkle, un homme intègre et ouvert d'esprit.

Rosa et Helena deviennent rapidement de bonnes amies, alors que Neville, au caractère ténébreux et sanguin, s'en prend à Edwin au sujet de Rosa. John Jasper et le chanoine décident de réunir les deux jeunes hommes en vue d'un dîner réconciliateur le soir de Noêl.

Edwin Drood disparaît et Neville est le dernier à l’avoir vu. John Jasper accuse Neville d'être à l'origine de cette disparition, pire peut être de son assassinat.

Dickens et ses intrigues, je me suis installée dans celle ci sans problèmes, en prenant soin de ne jamais perdre à l'esprit le caractère inachevé du roman, car damned l'auteur décède avant d'en avoir achevé l'écriture.

J'ai apprécié l'alternance de passages croustillants, drôles, et de troublantes échappées nocturnes, l'une fait froid dans le dos notamment la visite du cimetière avec Durdless, le gardien des lieux, Jasper et le jeune vaurien de Deputy, que j'ai adoré, un sacré lanceur de pierre. J'ai apprécié les portraits des personnages, très travaillés, l'auteur s'y dévoile, avec bienveillance le plus souvent, parfois satirique en soulignant les défauts du genre humain, et toujours ce regard sur les laissé pour compte, orphelins, gens de la rue

Jusque à la disparition de Drood, j'ai senti une forme d'unité dans le récit, qui se dévore. Par la suite, c'est beaucoup plus opaque, Drood est à peine évoquer, il y a bien des incohérences que l'on peut pointer dans sa disparition (notamment l'absence de la bague de fiançailles de Rosa lorsque l'on retrouve les bijoux d'Edwin)

Cependant rien ne permet d'affirmer ce qui est arrivé à Drood, dead or alive ??? et l'intrigue se déplace sur Londres ??? (j'ai beaucoup aimé ce jeu d'aller retour entre Londres et Cloisterham), beaucoup de données clés n' échappent pas au lecteur, le récit n'est pas construit sur un principe déductif, ce qui laisse à l'imagination de quoi foisonner.

J'ai eu le sentiment que plusieurs intrigues secondaires auraient pu être exploitées, d'intrigues nouvelles entre les personnages, des secrets enfuis ou des révélations inattendues, sans compter la possibilité d'un enquêteur en la personne de Mr Datchery.

Cependant je ne suis pas prête d'oublier la dernière scène sur laquelle se termine le récit, ou son SAR la princesse bouffarde semble accuser l'un des personnages sans équivoque.

Archipoche présente un dénouement possible à l'intrigue par le traducteur, bien motivée par l'auteur avec ce souci de fidélité à Dickens. Je ne remets pas en cause son scénario, j'aurai préféré qu'il ne figure pas dans la continuité du roman car on sent très bien la différence entre la narration de Dickens et la sienne, cassant le rythme de lecture, l'intrigue s'emballe très vite et le dénouement semble précipité.

D'autres versions sont disponibles sans proposition de fin, à vous de choisir, je précise que la préface de la version Archipoche est intéressante, elle présente le contexte de l'écriture de ce roman, de manière détaillée et renvoie vers d'autres auteurs Claire Tomalin, Dan Simmons

Pour la suite j'aime à penser que nul doute, Dickens avait de quoi nous embarquer dans une intrigue avec de multiples rebondissements en délocalisant le cœur de l'histoire à Londres, d'autant que certains personnages n'ont pas eu le temps de briller dans l'intrigue, Helena Landless, Jasper John, notamment ...

En tout cas cette lecture restera une véritable énigme, car il est nécessaire de gérer le coté frustration "de ne pas en connaitre le dénouement exact".

Lu dans le cadre du challenge Victorien sur Whoopsy daisy

Le mystère d'Edwin Drood-Charles Dickens

Rédigé par Nathalie

Publié dans #Littérature Anglaise, #Les Victoriens, #Londres, #Charles Dickens

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