The Main-Trevanian

Publié le 15 Novembre 2013

The Main-Trevanian

Claude Lapointe, un flic du genre ténébreux règne sur The Main, rue principale d'un quartier de Montréal, pas n'importe quel quartier, celui des robineux, des prostitués, des bars sombres, des émigrés.

Un meurtre vient d'être commis dans une ruelle , l'identité de la victime inconnue. Accompagné d'un Joan, comprendre en joual "un bleu fraichement sorti des études, Lapointe enquête. Lapointe est ce flic de rue, pas question de rester au bureau pour taper ses rapports et puis Lapointe déteste les règles, la hiérarchie, le conformisme.

Il se sent plus proche des petites gens, comme la jeune Marie-Louise qu'il tente de sortir de la rue, et il sait que c'est en fouinant dans la fange, qu'il trouvera des pistes à suivre pour son affaire de meurtre en exploitant les failles de la nature humaine. Entre ses parties de pinocle, et sa lecture de Zola, Lapointe vivote; seule sa façon d'exercer sa justice semble le maintenir à flot, en ces jours ou la neige tarde à tomber, Lapointe nous traine dans The Main à la rencontre des robineux, des concierges d'immeubles.

Des le départ, Trevanian plante l'ambiance de ce quartier, il use et abuse du vocabulaire de la rue, du joual. Puis, il dresse le portrait de Lapointe, la figure du flic qui n'obéit qu'à ses propres règles. L'enquête arrive presque au second plan, tant le lecteur est immergé dans le quotidien de ce flic, et sa volonté de maintenir un semblant d'ordre, parfois par des méthodes discutables et auxquelles le Joan n'adhère pas du tout. Je trouve le portrait de Lapointe, plutôt réussi et pas trop lisse.

Trevanian dresse une peinture sociale d'un quartier misérable, ce n'est pas le hasard : Lapointe lit et relit Les Rougon-Macquart d'Emile Zola. La figure du justicier, de l'ordre moral va prendre l'eau, Lapointe est plutôt en phase descendante, sa hiérarchie le voit plutôt à la retraite, cependant le flic observateur, va mener jusqu'au bout avec talent l'enquête initiale-

Un roman noir par le portrait de ce flic de rue d'une autre époque, par sa description des années seventies, par sa violence sociale, une petite touche désuète , j'ai apprécié "le cliquetis de la machine à écrire", un petit retour dans le passé très agréable, le seul bémol l'enquête, qui présente quelques longueurs au profit d'un portrait soigné d'un flic d'une autre époque, avec cependant un dénouement non prévisible, ça compense.

Auteur à relire sur un autre titre, une enquête plus trapue.

Je remercie les éditions Gallmeister et Babélio pour l'envoi de ce roman, lu dans le cadre du dernier Masse Critique.

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