Nathalie bouquine

La singulière tristesse du gateau au citron-Aimee Bender

26 Avril 2013, 22:38pm

Publié par nathalia

Je décrivais dans les moindres détails et recoins les émotions que je goûtais.

C'est la phrase du roman que je retiendrai pour décrire le personnage de Rose


Rose Edelstein est l’héroïne de ce roman, qui débute le jour de ses 9 ans. Sa mère, lui prépare pour son anniversaire ce fameux gâteau au citron, avec glaçage au chocolat. Or, ce jour là, grâce à ce gâteau Rose se découvre, elle fait cette expérience étrange lorsqu’elle goûte ce gâteau confectionné par sa mère, les émotions de sa mère se révèlent à la petite fille. Et là va commencer pour Rose, un autre vie tantôt empoisonner pour les mauvaises ondes, produites par les aliments qu’elle goûte, comme tout ses plats industriels fabriqués sans saveur, tantôt agrémenter pour les bons petits plats préparés avec amour.


La toute première partie du roman est un délice, Rose est une petite fille remarquable avec cette acuité sur la vie, sur ses moments particuliers, vides, mornes. Le lecteur découvre les membres de sa famille sa mère, ébéniste et originale ; son père, qui déteste les hôpitaux et son frère Joseph, au caractère ténébreux et effacé, un surdoué inaccessible pour Rose, qui le dévient grâce à la complicité de Georges, le meilleur ami de Joseph.


C’est à la fois un regard de petite fille, simple, altruiste, avec une acuité forte, sur la sensibilité des gens,qui l'entourent.


Grâce au talent particulier de Rose à savoir, percevoir les émotions de ceux qui ont préparé le repas, ou la nourriture, elle va nous dévoiler petit à petit la vie de la famille Edelstein, son quotidien, sa banalité et ses fêlures, car il est bien question de la vie de famille, un père peu présent, une mère plus soucieuse de son fils que de sa fille.

J'ai beaucoup aimé cette lecture, racontée par cette jeune narratrice ce roman m’a toutefois semblé inégale, une accroche très percutante, un portrait du frère un peu crispant à certains égards, un roman à conseiller au gourmet, tant Aimee Bender s’amuse à cuisiner son lecteur en usant et abusant des expressions culinaires et des arts de la table.

J’ai apprécié la narration expressive et imaginative de l’auteure, une manière de raconter par images plutôt que détaillée, et surtout la difficulté de grandir auprès de ses proches, de percevoir leur souffrances, de les aborder, le sentiment d'impuissance qui habite Rose dès ces 9 ans, ne la quittera pas en grandissant, surtout face à ce frère, qui s'éfface, et devient inexistant. Aimee Bender a su très bien transcrire cet état ou les joies de l'enfance se délitent , ce sentiment de sécurité de grandir au sein d'une famille s'éfritte, et conduit de manière inévitable à l'âge adulte ...


La présentation de l'éditeur donne très envie, cependant je l'ai trouvé tronquée, elle indique que les personnages sont dotés de "supers pouvoirs", c'est une interprétation comme une autre de leurs talents, dont ils sont dotés. Ils ne sont pas à comparer à des super héros de comics. Aimee Bender touche certains sujets comme la différence, l'exclusion par l'échec, l'explosion du cocon familiale, elle n'approfondit pas les sujets, elle les garde à distance, mais au final ça laisse un sentiment très positif.

La folle du logis-Rosa Montero

18 Avril 2013, 13:41pm

Publié par nathalia

 

 

 

Il y a quelque temps déja, Keisha évoquait sa lecture de La folle du logis de Rosa Montero ici, et j'ai eu très très envie de lire ce que je croyais être un roman, de manière quasi spontanée. Le problème s'est posé de trouver ce livre, disons sans passer par les voies de l'internet, c'est vrai qu'un simple clic suffit aujourd'hui pour recevoir un livre dans sa boite aux lettres.

 

J'ai donc recherché ce livre en bibliothèque, librairies, brocantes et bouquinistes diverses, et finalement par ce biais j'ai pu mettre la main dessus avec un grand sourire car c'est aussi un vrai plaisir que de chiner des livres, ou de faire du bookshopping.

 

"L'Imagination est la folle du logis", est empruntée à Sainte Thérèse d'Avila. Rosa Montero lui  reprend cette image pour évoquer l'imaginaire comme la possibilité de l'écrivain à explorer, inventer tous les mondes possibles et impossibles. L'imagination à l'origine de tout processus d'écriture, Sujet qu'elle développe et élargit, pour entrainer son lecteur dans l'univers des livres, de l'écriture, des auteurs et parfois de leur folie (elle a d'ailleurs une manière plutot délicate et posée d'aborder le sujet, elle évite de faire de la folie, une peur indicible).

 

Rosa Montero réussit à enchevêtrer l'essai et la fiction (ce que je croyais être au départ un roman ne l'est pas) sans perdre son lecteur, je dirais même avec une vision assez claire sur le processus de l'écriture, même si le processus créatif reste propre à chaque écrivain.

 

Qu'est ce qui pousse un lecteur insatiable à l'écriture? Pour Rudyard Kipling, c'est son daemon, son démon.

Rosa Montero cite Julio Ramon Ribeyro "Nous avons tous en réserve un livre, peut être même un grand livre mais dans le tumulte de notre vie intérieure, il émerge rarement ou si rapidemment que nous n'avons pas le temps de le harponner. "

 

Je ne suis pas auteure et n'ambitionne pas de le devenir, j'aime juste beaucoup lire et le processus d'écriture m'interesse tout autant, et en cela j'ai apprécié le point de vue de Rosa Montero. Rien n'est plus subjectif que la lecture d'un roman (les lecteurs sont multiples), et le cheminement pour l'écrire (l'auteur est unique) demeure pour moi un mystère, parfois des connexions s'établissent, et je suis d'accord avec l'idée que l'imagination y est pour beaucoup.

 

Rosa Montero apporte quelques réponses clés, elle n'impose pas de schéma universel, voire même donnent l'impression que ses réponses sortent de chaque livre qu'elle a pu lire Une liste de livres se déroulent, s'annonçant comme une irrésistible invitation impossible à décliner... (allongement de votre liste de livres prévisible), dont Kemperer en ce qui me concerne. Je me suis retrouvée vite impliquée dans cette lecture, sans pour autant être complice de cette auteure.

 

Il est aisé pour le lecteur passionné, de trouver des tas de points d'ancrage, grâce à des lectures communes, pour moi ce fut Carson Mc Cullers, Tolstoi, Voltaire, Truman Capote, JM Barrie ou sur l'originalité des sujets qu'elle évoque : la présence des nains dans ces romans par exemple, là aussi j'ai pensé "elle voit des nains partout" , pas étonnant pour une madrilène, elle m'a rappelé Velasquez et ses portraits de cour avec un certain amusement, et portant sa justification est tout autre.

 

Les différents portraits d'écrivains, qu'elle présente sont très succincts mais servent son argumentaire sur l'imaginaire qui peut mèner l'écrivain jusqu'à l'excès, à la folie. Franchement, Devenir écrivain, un métier à risques certains l'ont payé de leur vie à l'époque Rimbaud et Robert Walser, sans compter les echecs et les infortunes comme ceux de Melville et Truman Capote, dont elle met la déontologie à rude épreuve tout en lui reconnaissant un talent immense pour De Sang froid. Là aussi, je me retrouve dans l'idée qu'un auteur n'écrit pas pour ses lecteurs, il est habité par la force de son daemon, comme Stevenson et son brillant Dr Jekyll et Mr Hyde.

 

Elle évoque la condition éphèmère de l'écrivain et ces auteurs d'un autre temps, tombés dans l'oubli. Elle cite George Elliot, comme la romancière à lire (avis partagé par Edmund White dans City Boys).

"La merveilleuse George ELIOT, à mon avis une des plus grandes romancières de l'histoire est pratiquement inconnue dans les pays hispanophobes et, dans le monde anglo saxon ou elle est considerée comme un classique des manuels scolaires, personne ne la lit. Et elle a encore la chance:en fin de compte elle est entrée au panthéon littéraire officiel de la langue officielle de la planète. Le cas de ces milliers de romanciers et de romancières dont la vie et les oeuvres ont été totalement éffacées de la surface de la terre et dont nous ignorons les noms est encore pire et encore plus répandu."

 

Rosa Montero a cette liberté d'expression, qui vous donne l'impression, que vous êtes quelque part dans Madrid, une belle place ensoleillée, elle partage avec vous en terrasse quelques tapas et vous dévoile ce qui se cache derrière les lignes des grands romans, sur le sujet elle invente peu, elle partage ce qu'elle a lu; puis comme dans une conversation entre vous et elle, elle digresse, et hop la voilà qui aborde ses histoires amoureuses avec M, son enfance .

Et là,  Qui est ce fameux M??? La lecture bascule, Vérité ou fiction elle laisse un peu le choix, les deux valent la peine mais trois fois la même version de la même histoire, racontée différemment, elle tient la route et les détails comptent.

 

J'ai envie de dire à Keisha Bonne pioche, un régal pour la suite de mes aventures avec Rosa Montero, ce sera peut être Le roi transparent, à moins que je ne laisse ma curiosité naturelle prendre le dessus, car Instructions pour sauver le monde m'interpelle fortement, il me semble qu'il y a urgence ...

 

Quant à moi et à mon imagination débordante, nous allons bien mieux cohabiter après cette lecture.

 

Petit PS à la maison d'édition Métaillé n'hésitez pas ré éditer Rosa Montero en format poche, ce livre est une merveille!

 

Le livre de Dina-Herbjorg Wassmo

13 Avril 2013, 11:16am

Publié par nathalia

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Paru fin des années 1980, mais à cette époque la production littéraire n'était pas ma priorité, je suis passée à coté de ce roman. A tout ceux qui pense que le temps perdu ne se rattrappe pas, je dis La preuve, il suffit d'une nouvelle édition  et d'une séléction Masse Critique chez Babélio pour que ce livre arrive jusqu'à moi. Sans quoi je ne l'aurai peut être jamais lu, et j'aurais loupé une sacrée lecture, ce roman se dévore.

 

 

Herbjorg Wassmo est une virtuose, je ne pourrais jamais égaler ce talent qu'elle possède de raconter .... la vie de Dina  Dès le prologue, j'étais fixée un endroit magnifique et une héroine DINA Gronlev.

 

L'intrigue se déroule vers 1840 au Nord de la Norvège, au sud du 66° North, le cercle polaire et proche de zones de pêches, la description de ce fjord de Reinsnes, uniquement accessible en bâteau vapeur reste inoubliable, descriptions fluides de l'endroit, et de l'isolement d'un tel endroit lors des périodes hivernales, ce fjord à la nature foisonnante, sur laquelle l'humain n'a aucune emprise et ou je n'avais jamais mis les pieds me semblait être un territoire connu, c'était comme si j'y étais.

 

 

Et Dina, l'héroine s'imposait à moi comme un personnage pour lequel je n'aurais aucune empathie, car disons le clairement une femme comme Dina et moi dans la même pièce, ce n'est pas possible, un tempéremment de feu et de glace. J'execre ces femmes au tempérement fort, combative, qui  s'impose à vous sans votre consentement avec ce besoin de tout maîtriser jusqu'à décider à votre place,  à la sexualité débordante et éhontée, à la sensibilité cachée ou s'exprimant furtivement, à sa décharge c'est la musique et la pratique du violoncelle, qui donnera à Dina sa touche féminine et sensible.

 

 

Et le talent de Herbjorg Wassmo est là, malgré cette antipathie, de ma part pour son héroine, elle conte sa vie à merveille, elle s'appuie sur le principe des sagas , dont l'objectif est de tisser l'histoire d'une famille de générations en générations et leurs vies  au quotidien, Dina est sa "voeuve noire", autour de laquelle elle tisse la toile de son histoire. Une histoire construite sur trois livres, et je ne vous cache pas avoir dévoré deux d'entre eux en une journée (le 1er Les limons vides et le 3ème Mon bien aimé est à moi)

 

 

Son héroine Dina, responsable de la mort accidentel de sa mère Herjtrud, mariée par arrangement à Jacob Gronlev, va se nourrir de son tourment pour petit à petit devenir la maîtresse de Reinsnes et s'approprier le domaine de son époux, elle va devenir une "femme d'affaire", elle qui parle en avalant les syllabes des mots et adopte des manières masculines.

Au début du roman, Dina est une jeune femme sauvage, difficile, à la vie incertaine, à la fin du roman elle s'est réalisée et a construit autour d'elle cette société matriarcale, ou les femmes tiennent une place respectable et ne sont pas des femmes dans l'ombre de leurs compagnons.

 

Herbjorg Wassmo insuffle également beaucoup de symbolisme à cette histoire, chaque chapître démarre par un passage de l'ancien testament, souvent le Cantique des Cantiques, texte magnifique ou les Proverbes, comme témoin du mystère accompagnant cette histoire. 

Dina est une femme entière et impénétrable, comme tout un chacun, elle est certes le pillier de l'histoire, cependant je n'ai pas totalement pénétré ce personnage, une part de mystère demeure.

Qu'importe mon attention s'est porté sur les conditions de vie difficiles dans ce fjord isolé, et aussi à ces métiers oubliés et autres actes de la vie quotidienne d'un comptoir ou s'organise la pêche et la commercialisation du poisson; aujourd'hui révolus dans nos sociétés modernes. 

Les autres personnages gravitant autour de Dina, Stine, la mère nourricière de son fils Benjamin, Mère Karen, Nils et Anders ses beaux fils, et Oline, la femme de charge  et le fantôme de Herjtrud, la mère de Dina et celui de Jacob amenent tout le charme de cette lecture, donnant l'envie de lire Les Fils de la Providence.

   

Impurs-David Vann

21 Mars 2013, 11:47am

Publié par nathalia

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Déja, j'avais très envie de lire ce roman de David Vann, l'envie de retrouver l'Auteur ...., un adjectif serait de trop pour qualifier le talent d'écrivain de David Vann, la majuscule suffit. Ca compte dans l'appréciation d'une lecture, quand l'envie est au rendez vous. Car tel est le despespoir de la blogueuse, que je suis de vous exprimer à quel point cette lecture m'a plu sans rien vous en dévoiler.

 

Que dire de ce roman? Si ce n'est qu'il à l'art de sublimer une histoire, dans ce drame en deux actes, il va à l'essentiel, il remonte à l'origine, à la racine pour montrer la noirceur de l'âme.

 

Voici, comment j'ai vécu cette lecture, dans le premier acte, David Vann a distribué les cartes, la famille Schumacher la grand-mère, ses deux filles  Suzie-Q et Helen, Galen et Jennifer, leurs enfants respectifs. 

Cette famille est marquée par l'absence de figure paternel, pourtant c'est une vraie famille, une demeure dans laquelle vivent sa mère et Galen, des noyers à entretenir, et l'heure du thé sacrée pour la mère de Galen à l'ombre du figuier, il fait si chaud sous le soleil de Californie. La vie est rythmée par la visite quotidienne à la grand-mère dans une maison de retraite, placée avec l'argent du fidéicommis, pour lui assurer un cadre de vie meilleur et sécurisé car elle a perdu la mémoire.

Dès le départ la partie ne s'annonce guère favorable pour le seul mâle de la famille, élévé au sein de cette famille de femmes.  Le jeune Galen, 22 ans est en attente d'intégrer l'université depuis 5 ans déja, faute de moyen financier. Le premier acte voit cette belle famille partir en week end dans la cabane de famille, Helen, la soeur la plus jeune compte solliciter sa mère pour financer les études de sa fille, Jennifer. Jennifer, beauté sexuelle, qui a exerce sur Galen charme et cruauté.

 

C'est là que David Vann a décidé de convoquer les éléments pour catalyser l'intrigue, notamment le feu, l'eau et la terre, (pour l'air je n'ai pas trouvé mais il fait si chaud dans ce roman ou tout simplement je ne l'ai pas perçu)

  ... Galen, personnage avec lequel le lecteur va se débattre, personnage incandescent Galen est consummé par un feu intérieur, qui le dévore, celui du désir qu'éprouve Galen pour sa jeune cousine et dont, l'Auteur se charge bien d'en détailler l'étendue dévastatriceet la frustration sous jacente.

 

David Vann détonne par la simplicité de son intrigue, il laisse monter la tension, mais chacun est libre de la faire redescendre en simplement refermant le livre, rassurez vous, vous le ferez surement si c'est insoutenable ou simplement par défaut  et y reviendrez surement. L'idéal serait de pouvoir le lire d'une traite.

 

David Vann a le sens de traduire l'indicible, il sait utiliser les images pour exprimer les sentiments tourmentés qui habitent son personnage. Il puise dans l'évocation de la nature, une partie de pêche, une course à l'aveugle en forêt. il décrit avec un telle clairvoyance les instincts primitifs, comme l'étrange sensation absolue d'assouvir sa soif, ses besoins; l'instinct de détruire et de survivre, intimement mélangés à la peur, la douleur ressenties et bien entendu celle de l'issue finale, inévitable, et à laquelle il donne un sens unique et une vision personnelle.

 

 Lors de ma lecture de Sukkwan Island, j'avais particulièrement à l'esprit le caractère sensationnel du roman, qui est certes renouvellé dans Impurs, et qui cependant n'occupe pas le coeur du roman. David Vann forge en Galen un personnage très indépendant, cherchant à s'affranchir et pas uniquement de la société, la famille y est présentée comme un patrimoine, un code génétique immuable, avec lequel il faut co exister et non s'adapter, et c'est le deuxième acte, le huis clos entre le fils et la mère.

 

Pour conclure, je dirais simplement que cette lecture m'a pas mal troublée, je ne suis pas venue au bout de ce personnage qu'est Galen, et encore moins de sa mère. L'écriture de David Vann est sublime, et elle élargit le champ des possibles comme seuls savent le faire les bons écrivains, et je l'en remercie.

 

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En apparté pour les lecteurs de ce fabuleux roman, à mon avis D Vann a  donné de "sacrés coups de pelle", pour écrire ce roman.

 

 

 

 

La Mémoire est une chienne indocile-Elliot Perlman

18 Mars 2013, 10:52am

Publié par nathalia

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Je sors d'un marathon livresque avec cette lecture, un roman dense conduit par un fil d'Ariane assez tenu autour de deux grands thèmes historiques l'Holocauste et la lutte pour les Droits Civiques aus Etats Unis. Choisi sur conseils du libraire, cette lecture fut une mine d'informations, délivrées comme si de rien n'était. L'histoire, imaginée par Eliot Perlman nous conduit de New York à Chicago, en passant par Auscwitz Birkenau entre 1945 et de nos jours.   Il réussit à orchestrer élégamment dans ce roman la fiction et des témoignages oubliés, perdus, non exploités, qu'il ré-écrits ou pas.

 

Le roman s'ouvre avec Lamont Williams, jeune noir du Bronx, il sort de prison. Son  incarcération sonne comme une double peine, une incarcération injuste, qui l'a privé de sa fille âgée aujourd'hui de 8 ans, il ne l'a connu que bébé, et dont il n'a plus de nouvelles.

 

Il va entamer une période de six mois probatoire comme agent d'entretien au centre de cancérologie de Manhattan. Il va faire la connnaissance d'un patient Henri Mendelbrot, un rescapé des camps de concentration, les deux hommes vont converser quotidiennement, et Henry va raconter à Lamont, ce qu'il a vécu au sein des Sonderkommando, ces unités spéciales intervenant aux créamatoires d'Auscwitz Birkenau. Il veut laisser une trace de son passage et choisit Lamont, pour qu'il mémorise son histoire.  

 

A quelques rues de là, Adam est professeur d'Histoire à l'université de Columbia, son père avocat juif a contribué dans les années 50 au Mouvement pour les droits civiques, en se battant pour la fin de la ségrégation dans les écoles publiques, au sein du LDF. Un combat intense, lorsqu'il s'agit d'appliquer le cadre juridique, et les premières pages du roman s'ouvrant sur l'histoire de la jeune Elizabeth Eckford qui débute son premier jour dans un lycée mixte, et qu'une foule interpelle en scandant "Lynchez là" reste pour le lecteur inoubliable.

 

L'autre figure du roman est Adam Zignelik, il grandit dans l'ombre des combats juridique de son père avocat; et à l'aube de ses quarante ans, ses combats ne se resument même pas à son couple qu'il forme avec Diana et à son poste d'enseignant universitaire d'Histoire, il les a perdu d'avance.

Pourtant, un ami de l'ombre va lui proposer d'exercer son métier d'historien, d'investiguer sur les Noirs, qui ont participé à la libération des camps en 1945, sujet épineux ... Pour cela, il se rend à l'université de Chicago ou il va tomber sur un matériel interressant, en sommeil dans des archives les enregistrements du psychologue Henry Border, qui s'est rendu en 1945 à Auschwitz pour recueillir des témoignages de rescapés.

 

 

Au fil des pages, Elliot Pelmann va tisser son intrigue, empruntant à la grande Histoire ces faits avérés pour nourrir l'intrigue de ses deux personnages Adam et Lamar, deux hommes de New York  bien différents, travaillant à côte à côte, se croisant peut être dans les rues de Manhattan sans jamais se rencontrer et que l'auteur va réunir de manière bien incertaine pour le lecteur, au terme d'un long périple pour les deux hommes.

Là aussi, il ne faut pas chercher la vraisemblance, Elliot Perlmann établit comme une chaine entre chaque  personnage, ils sont tous liés les uns aux autres. Les personnages sont nombreux au début, puis la toile se dessine et chacun prend sa place dans le tableau. Leurs portraits sont détaillés et chaque personnage a son existence, le lecteur a le temps de les repérer, de les connaitre, ils arrivent à point nommé pour prendre leur place dans le récit, c'est sur leur entrée dans le récit que pèse l'avancée de l'intrigue.

Au duo de Lamar et d'Henry Mendelbrot, fait écho celui d'Adam avec Henry Broder. Deux histoires se mêlent dans l'histoire, parfois il faut laisser en suspend le récit d'Henry Mendelbrot, pour le retrouver quelques pages plus loin, c'est rageant...

 

Il prend soin de s'appuyer sur des témoignages clés, toute la  partie concernant la vie d'Henry Mandelbrot dans le Sonderkommando est inspirée du témoignage de Shlomo Venezzia dans les SonderKommando, lu déja il y a quelques années, la fiction ne peut pas se substituer à la réalité, l'auteur n'invente rien, il légitime.

 

D'autres personnages de ce roman ont existé également, et semblent sortir d'une forme d'anonymat dans lequel ils pourraient rester, comme les travaux du psychologue Henry Border, un "pionnier de l'Histoire orale" , répondant à la question "Qu'est ce que l'Histoire ? ", vaste question, la réponse reste partielle, interessante. Elliot Perlmann montre cependant  l'influence de la grande Histoire dans nos vies actuelles, directe ou indirecte selon la proximité des évènements.

La lecture est d'une densité exceptionnelle, sans être indigeste ou porter sur l'émotion forte.  L'auteur remonte loin dans l'histoire de la lutte des droits civiques des noirs, de Lincoln, en passant par les mouvements de grêve des usines de Chicago, à nos jours avec Lamar. Une lecture au long cours, qui mène loin, racontant des faits, dont on parle peu ou peut être pas, préfèrant les voir tomber dans l'oubli ...

 

Les Apparences-Gillian Flynn

29 Janvier 2013, 18:50pm

Publié par nathalia

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Je suis en mode dilletante sur le blog en ce moment, ça ne m'empêche pas de lire loin de là. La preuve,je viens de terminer un petit polar de chez Sonatine, ça faisait un bail que je n'avais pas lu leur publication et bien m'en a pris d'ouvrir celui ci!

J'avais déja lu Les lieux sombres, (mon tout premier avis sur ce blog) et Gillian Flynn a l'art de se renouveller. Et c'est un challenge que de rédiger un avis sur ce roman. Un vrai dilemme : j'ai le terrible sentiment qu'il ne faut rien dévoiler de ce roman, en parler c'est déja un peu trahir l'auteur, enlever un peu du suspens et du plaisir de votre découverte,  et je ne peux me limiter à un "Lisez le, il est à tomber" .... et oui je suis tombée de haut!

 

Pour l'intrigue, je vais me limiter au minimum syndical ou vital.

 

Les Apparences, Une histoire banale de couple ?, Amy et Nick se rencontrent à New York.

Amy, elle est la parfaite New Yorkaise, belle, intelligente, riche, travaille pour une revue, pour laquelle elle écrit des test de personnalité. Elle  a inspiré à ses parents, écrivains,  le personnage d'une série jeunesse l'héroine L'épatante Amy, bref la fille idéale.

Elle rencontre Nick, originaire du Missouri, venu travailler dans l'édition comme rédacteur pour la presse écrite. Et hop le mariage est scellé, plus rapide que Liz Benett et Darcy, (mon clin d'oeil à Miss Austen pour le bi-centenaire de son Orgueil et Préjugés) 

La crise pointe son nez ... Amy et Nick viennent à perdre leur emploi tous les deux, les rêves dorés s'évanouissent et la belle vie New Yorkaise s'envole,  les amoureux quitte New York pour le Sud profond des Etats Unis, l'état du Missouri où habite la famille de Nick et là démarre une autre vie pour le couple : un quotidien mortifère ...

 

Un midi, Nick rentre chez lui et trouve le salon en désordre, Amy a disparu et là commence une histoire des plus tordues, avec à la clé un portrait de "sociopathe" , dont les traits se dessinent au fil de l'intrigue, et qui au final m'a retourne les tripes comment en dire plus, c'est flippant !!!


Le talent de Gillian Flynn réside dans la maîtrise de l'intrigue "A savoir Ou est Amy ???  et de son écriture détaillée. Elle enrichit le récit grâce à son analyse accrue de la vie du couple, elle passe au crible la vie de ce couple et ses petits désagréments, c'est plein de bon sens, d'évidences, il est facile de se retrouver dans les habitudes de ce couple, de comprendre les déceptions de la vie maritale. A travers les regards croisés d'Amy et Nick, le lecteur comprend vite qu'ils ne vivent pas leur relation avec la même intensité. Il me semble qu'elle a bien su traduire le bel adage, qui dit que le mariage est aussi basé sur un jeu de dupes.

Le personnage d'Amy est très captivant, ce n'est pas pour rien qu'elle est l'épatante Amy. Je souligne que depuis quelques années, il n'est pas rare de rencontrer le personnage de la "desperate housewives", servis à toutes les sauces, portraits caricaturaux et auxquels, je suis censée m'identifier socialement et qui me laisse totalement de marbre. Gillian Flynn réussit là parfaitement à éviter cet écueil, le personnage d'Amy m'a totalement convaincue.

 

Ce roman résume  à lui seul, l'idée qu' il est impossible de connaître parfaitement une personne, même la personne avec qui on partage son quotidien, son intimité. Il explore un autre versant de l'union sacrée.

 

L' ambiance reste flippante jusqu'au bout à à la  manière d' Hitchcock, surtout lorsqu'il est question de confession sous la douche. J'aurais du mal à me priver d'une relecture, elle va en valoir la peine, il y a surement des détails, qui ont du m'échapper!!! 

Le Hobbit- J.R.R Tolkien

5 Janvier 2013, 18:22pm

Publié par nathalia

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Ah Tolkien et son univers féerique ... Je suis tombée dedans bien avant les adaptations cinématographiques de Peter Jackson grâce à la trilogie du Seigneur des anneaux, c'était il y a bien longtemps. Je n'avais jamais lu le Hobbit, paru en 1937. Les fans de Tolkien savent qu'il s'est inspiré de la littérature des pays nordiques pour écrire ses romans, et ce roman fut écrit pour ses enfants comme un conte de Noêl.

 

L'histoire débute dans la Comté, dans un trou ou vit confortablement Bilbo Baggins, plus précsemment à Cul de Sac. La vie paisible du semi homme est ainsi perturbée par la visite de Gandalf le magicien, qui lui propose de vivre une aventure. Bilbo hésite, il connait Gandalf. Aussi quand il voit débarquer treize nains dans son humble trou, il comprend que le rôle de cambrioleur que compte lui attribuer dans cette échappée Gandalf n'a rien d'innocent. Mais pourquoi partir avec ces treize nains, ennemis des Elfes, et Thorin, fils de Throin, roi des nains ne semble pas lui porter le moindre intérêt.

 

Comment ce Bilbo, si insiginfiant va -t il les aider à retrouver leur royaume, jadis conquis par le dragon Smaug? Smaug s'est  accaparé la richesse des nains et les a chassé  de la Montagne. Le lendemain de cette visite impromptue, alors que ses hôtes se sont mis en route, Bilbo se décide, il part rejoindre  avec Gandalf et les treize nains laissant son trou, oubliant son mouchoir.

L'aventure l'attend ... et l'enchantement commence pour le lecteur, rencontres inattendues trolls, dragons, elfes, gobelins, homme ours, tribus d'aigles, créatures inconnues ou disparus se succèdent jusqu'à la rencontre de Golum et de son anneau. Golum l'un des personnages les plus étranges de l'oeuvre de Tolkien ou le mal et le bien cohabite en une seule et même personne, il apparait très anti-pathique tout en restant indispensable à l'intrigue, il est couplé à l'anneau et à Bilbo à trav. L'aventure est à la hauteureers ce jeu de devinettes.

Pas une minute de répit pour le Hobbit, la route est longue et les obstacles se dressent les uns après les autres,  jusqu'à la rencontre avec le dragon et à cette guerre inévitable. Si vous avez la phobie des araignées, certains passages vous feront frémir. 

 

Lire Tolkien, un  voyage intérieur et l'envie de boire un thé en compagnie de Bilbo et Gandalf, loin là bas dans La Comté! Moment de lecture bien trop court, en attendant la suite de l'adaptation plutot réussie. 

 

Meilleurs Voeux pour l'année 2013

4 Janvier 2013, 00:00am

Publié par nathalia

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A tous les amoureux de la Lecture, je vous souhaite une Bonnée Année 2013, de nombreuses et bonne lecture.

 

Pas de bilan pour moi, j'ai lu à profusion avec un réel plaisir ...

 

Un peu difficile de tenir le blog à jour et de rester présente sur vos blogs, sans compter les multiples problèmes de connexions qui ne dureront pas, enfin  je continue à suivre certaains de vos blogs en coup de vent sur mon mobile.

 

D'ici quelques temps, je reprendrai un rythme de croisière, soyons patiente ...

 

J'ai débuté l'année par la lecture  

 

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La vérité sur l'affaire Harry Quebert-Joel Dicker

19 Décembre 2012, 09:35am

Publié par nathalia

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Lire ce livre relève-t-il de l'influence de la vague médiatique qu'il a soulevé, j'en doute la lectrice que je suis, certes se fie aux avis d'autres, mais avant tout ce roman avant bien attiré mon attention lors du Livre sur la place de Nancy en Septembre dernier, d'ailleurs si je me souviens bien Joel Dicker semblait se cacher derrière les piles de son roman, et ne m'avait pas laissé l'impression de ressembler à son personnage Marcus Goldman.

 

C'était impossible de ne pas repérer ce roman car il combine deux thèmes que j'affectionne la thématique policière, et l'écrivain, j'étais sure de retrouver ce livre à un moment donné sur ma route et de me souvenir que j'avais eu l'envie de lire.

 

 

L'histoire quel est-elle? Marcus Goldman, le golden boy de l'edition New Yorkaise est en mal d'inspiration, après les succès voila qu'il traverse le désert de l'écriture, le syndrome de la page blanche, il doit rendre sa copie à son éditeur, qui le presse de remplir son contrat, qu'importe ce qu'il écrit un petit coup de baguette merchandising et le livre se vendra, au pire pas de probèmes la maison d'édition à son équipe de Ghostwriters.  Cependant Marcus ne l'entend pas comme ça. Il contacte son mentor l'écrivain Harry Quebert, son professeur pour tenter de raviver la flamme espérant de ce talentueux écrivain, autrefois primé pour un roman "Les origines du mal", qu'il puisse l'aider à surmonter ce passage à vide après quelques bonnes séances de coaching, comme ils les pratiquaient autrefois.

 

Sauf que voilà le fameux Harry rentre lui aussi dans une mauvaise passe, très mauvaise, dans son jardin sur sa propriété d'Aurora est retrouvé le corps décomposé de Nola, une jeune adolescente de 15 ans, qui fût l'amour inavouable, unique d'Harry, et dont la disparition n'avait jamais été élucidée. Auprès du squelette de Nola est retrouvé le manuscrit d'Harry "Les origines du mal". Tout semble accuser Harry Quebert de ce meurtre, tout s'écroule autour de lui, l'image de l'écrivain se flétrit, le rêve s'envole. Marcus Goldmann croit lui à l'innocence d'Harry, il s'installe dans sa propriété, se mettant en quête de la Vérité et se met enfin à écrire l'Histoire, qui doit innocenter Harry, il se fait assister par le sergent Galahood pour enquêter. 

 

    

Car tout est là, l'envie de lire cette histoire, et j'évacue de suite la critique majeure que j'ai pu lire sur ce roman, "il est mal écrit",  même si j'en comprends le sens, il est loin d'être plus mal écrit que d'autres romans, et c'est un peu court pour définir la manière dont est écrit ce roman. Un roman ne tient pas à son seul style d'écriture, encore faut-il raconter une histoire...    

 

La construction de l'intrigue de celui ci reste ingénieuse. Elle suit une trame autour d'une trentaine chapitres à compte à rebours jusqu'au dénouement, débutant chacun pour les conseils d'Harry pour écrire un livre, ah le conseil ou il préconise d'assomer le lecteur comme dans un combat de boxe, le KO assuré. 

 

 

Moi, j'aurais plutot employé "géniale" pour ce roman, avec cet exploit et je le souligne que Joel Dicker reprend cette fameuse histoire, car il nous la raconte durant 700 pages de manière différente, sous différents angles à partir de chacuns des différents personnages, peu nombreux au début et s'étoffant au fil de l'intrigue, ce qui permet à chacun d'entre eux d'avoir son rôle à jouer, et sa mise en lumière.

 

 

Il ajoute les éléments nouveaux non pas à la louche, il prend bien le soin de livrer les informations qu'il juge nécessaire au bon moment et ballade son lecteur avec une certaine habileté, le prend souvent au dépourvu, car cette histoire il la resserre tout en la réinventant à chaque fois-j'ai eu l'impression de lire la meme version de l'histoire ré écrite différemment- et sans jamais perdre en route l'intéret du lecteur et rien que pour cela, ce roman mérite que l'on plonge le nez dedans, voire en ce qui me concerne j'ai fait plus que plongé je me suis largement laissé emporter par la vague, jamais je n'ai résolu l'énigme, la solution m'est apparue à un moment donnée, par habitude de lire des romans policiers et je l'ai vite balayé car trop captivée pour l'écriture de Dicker.

 

Ou pire j'ai fait confiance au récit, et la connivence qu'on réussit à établir avec Goldman et derrière lui Dicker, est comme un jeu de dupes pourtant Dicker nous met en garde dès le départ au sujet de l'imposture de l'écrivain? Franchement, quel lecteur ne s'amuse pas à lire ce roman, peut être ceux obligés de le lire???

 

 

La réflexion sur l'imposture de l'écrivain est du meilleur goût, et j'ai pensé à certains auteurs que j'ai lu auparavant  dans lesquels cette imposture est totalement assumée, et dont j'ai trouvé les romans excellents. La satire du monde de l'édition vaut également par cette tendance d'assimiler la réussite à la pression du chiffre et du résultat, qui existe partout et pas seulement dans l'édition. Ce roman séduit par le regard que l'on peut porter sur le métier d'écrivain, la passion de lire et d'écrire. Certes, c'est parfois simpliste,compréhensible par tous, et l'issue finale est tout aussi inattendue.

 

 

Je rejoins ainsi l'avis de nombreux lecteurs, enthousiastes à 100% pour cette lecture et dont je partage l'avis Malika, Richard, Val, qui m'ont tous convaincu de me précipiter sur ce roman, lisez ce roman parce qu'il vous fait envie et non parce que tout le monde le lit.

 

La carte et le territoire-Michel Houellebecq

17 Décembre 2012, 08:58am

Publié par nathalia

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Lire Houellebecq, je n'en avais pas l'envie, pour la simple et bonne raison que je trouvais cet écrivain des plus antipathiques. Son adaptation de la possbilité d'une île, comment dire m'avait laissé sur le carreau, je n'y avais rien compris. J'ai donc ouvert La carte et le territoire tout simplement pour ne pas rester sur l'image excessive que les médias renvoient de cet écrivain. Comment dire, j'ai ouvert ce roman et c'est comme si je decouvrais Michel Houellebecq, l'écrivain j'ai beaucoup aimé voire même c'était très drôle, particulierement pour ce roman j'ai trouvé qu'il ne se prenait pas au sérieux.

 

 

Houellebecq entraine son lecteur sur les traces d'un jeune artiste Jed Martin, fils d'architecte, il n'a aucune ambition sauf celle d'intégrer l'école des beaux arts, et de devenir artiste, débute une longue errance entre la photographie et la peinture. C'est lors d'une exposition, qu'il est repéré par la chargée de relation publique de l'entreprise Michelin, Olga, russe d'origine. Jed a su retranscrire dans cette exposition de photographies de cartes Michelin, tout ce qui émane du patrimoins de notre pays. Cette exposition lui vaut la notoriété et lui permet de poursuivre son travail d'artiste, en commercialisant ses photos sur le marché de l'art. Bref, il accède à la fortune, au grand monde de l'art, de la reconnaissance de son travail. 

 

 

Pourtant Jed Martin, reste un personnage assez distancié, froid, observateur de ses contemporains. Il enchaine sur une série picturale ou il décline les "métiers", c'est à cette occasion qu'il contacte Michel Houellebecq, pour l'écriture du catalogue de sa future exposition, à l'issue de la rencontre entre l'écrivain et l'artiste peintre, Jed décide de peindre le portrait de Michel Houellebecq, écrivain. Ce sera son dernier tableau ...

 

Houellebecq s'empare de l'image, cette image si esssentielle qui doit nous coller comme une deuxième peau, et dont son personnage principal semble si peu y attacher d'intérêt. En parrallèle, Houellebecq a choisi d'autres personnalité bien connu du grand public pour asseoir sa démonstration, l'écrivain Beigbeder, le journaliste du 13h Pernaud ou encore l'animateur Lepers et bien entendu l'écrivain qu'il est également. Il s'amuse avec ces personnages déployant à son paroxysme leur statut et leur notoriété, ainsi il casse les codes, sa satire est vive et piquante, et une fois le sujet lancé, épuré tout devient limpide, exit les a priori sur l'auteur. Il excelle également à déliter ce  que le monde du média à créer autour de sa personne.

Houellebecq va à l'essentiel dans ce récit en trois actes, ou la vie de Jed si réussie soit elle professionnellement n'est qu'un vide relationnel et affectif, ou la relation au père est omniprésente,et le tempus fugit rythme ce roman avec brio.

 

 

Certes, Houellebecq décrit le monde contemporain, le monde dans lequel il vit, certes il est l'écrivain en retrait ou exclu, là aussi cela reste encore vague, sauf qu'il parle de ces auteurs qu'il aime lire Nerval, Balzac, Chateaubriand, Agatha Christie et l'oublié Jean-Louis Curtis, de la tranquillité qu'il gagne à écrire seul, retiré préparant un pot au feu et ses longues ballades avec son chien Platon. J'ai trouvé le récit sobre, assez inattendue car Houellebecq y inclut pas mal de parenthèses, dont une enquête policière comme un rebondissement auquel le lecteur ne s'attend pas. J'ai fait connaissance avec l'auteur, à suivre donc ...